De mon coeur

 

Ce jour là
Près de la source
Dieu seul sait
c'que je t'ai dit
Si l'été finit sa course
Les oiseaux retournent au nid
Et voilà que sur le sable
Nos pas s'enlacent déjà
Je ne suis plus seule à table
Elle résonne sous tes doigts
Comme tambourin qui chante 
sous les gouttes de la pluie
Comme les chansons qui vivent
Lorsque nul ne les oublie
Et les feuilles de l'automne
Rencontrent des ciels si bleus
que ton souvenir leur donne
la couleur de mes cheveux

 

 
 
Les souvenirs se ramassent à la pelle...
 
 
c'était un tout petit bled au nom de St comme Barthélémy
Et j'avais trouvé la cassette dans le fatras de la personne que je remplaçais
C'était un temps où on m'envoyait faire n'importe quoi, et pas du facile
et à l'heure des repas, dans la salle aux peintures tristes, seule avec mon pique-nique froid, et mon magnéto à cassettes, je repassais en boucle cette chanson, non plutôt sa musique, sans paroles, un orchestral pour piano-bar ou à la limite chanter en karaoké (quoique ça n'était pas encore à la mode à cette époque en France)
Parfois, on m'invitait à diner, et j'avais une soupe chaude, j'entendais aussi le chant des perruches dans la cage-volière
La fille avait un prénom basque qui signifiait: mer (Itsasne, prononcer itchachne)
et le garçon : rivière (Ibai, prononcer Ibail)

Les parents s'appelaient Gaston et Yvette comme tout le monde
et j'ai demandé pourquoi des prénoms basques?

ils ne savaient même pas que ces prénoms étaient basques et ce qu'ils signifiaient, je ne savais plus que dire, je mangeais la soupe au vermicelles et j'écoutais les perruches et j'observais les mandarins

la personne que je remplaçais avait été poignardée par un usager en colère, elle s'en était tirée, mais elle avait fait une fausse couche et elle était en congé pour un temps indéterminé

il pleuvait tout le temps

j'ai dupliqué la cassette et je dois l'avoir quelque part dans mes malles

j'aimais la couleur des mandarins
et puis la soupe chaude, sauf quand elle me brûlait la langue

Tah